Le Maroc de Marouane Chamakh et la Côte d'Ivoire de Didier Drogba s'affrontent samedi au Caire pour l'un des chocs du premier tour de la CAN. Dans le groupe B, le Cameroun entame son opération rachat face à l'Angola alors que le Togo étrenne son nouveau statut de Mondialiste face à la RD Congo.
COTE D'IVOIRE - MAROC (13h00)
Dans un groupe A particulièrement relevé avec la présence de l'Egypte, pays organisateurs, Marocains et Ivoiriens sont déjà sous pression pour leurs premiers pas dans la compétition. Une défaite d'entrée hypothéquerait en effet les chances de l'une ou l'autre de ces deux sélections, même si tout restera encore possible mathématiquement. Dans ce contexte, la rencontre s'annonce particulièrement chaude, d'autant plus que le Maroc n'est nullement intimidé par la Côte d'Ivoire, qualifiée pour la Coupe du monde 2006 et grande favorite de la CAN.
"La Côte d'Ivoire est une très belle équipe, très athlétique et très forte techniquement. A nous de faire nos preuves et de démontrer tout de suite qu'il faut savoir battre la Côte d'Ivoire et faire des gros matches comme ça si on veut aller le plus loin possible", a notamment expliqué le buteur bordelais des Lions de l'Atlas, Marouane Chamakh.
Les Marocains, finalistes de la dernière édition remportée par la Tunisie, n'ont pas été avantagés dans leur préparation. Leur sélectionneur, Badou Zaki, n'a pris ses fonctions qu'il y a trois semaines et ses joueurs sont encore sous le coup de la déception après avoir échoué dans les phases de qualification pour la prochaine Coupe du monde. Il leur faudra retrouver toute leur solidité pour faire face aux stars ivoiriennes, emmenées par Didier Drogba et Bonaventure Kalou. Mais les Eléphants ont également montré leurs limites dans les matches à enjeu, comme en témoignent leurs deux défaites contre le Cameroun en qualifications pour le Mondial...
CAMEROUN - ANGOLA (16h15)
Pour le Cameroun, la CAN sonne l'heure du rachat après une campagne de qualification pour le Mondial 2006 infructueuse. Eliminés dans des conditions très spéciales, avec un penalty décisif manqué par Pierre Wome dans les arrêts de jeu de l'ultime rencontre face à l'Egypte, les Lions Indomptables comptent sur leur séjour egyptien pour redorer leur blason. Emmenée par Samuel Eto'o et Rigobert Song, la sélection d'Arthur Jorge présente les armes pour s'imposer sur le papier. Mais sa préparation, largement perturbée, ne lui offre pas les mêmes garanties.
"Je pense que les joueurs ont digéré l'élimination, mais cela a été dur moralement. Le Cameroun peut gagner la CAN mais il faut régler certains problèmes d'organisation", estime l'ancienne gloire du football camerounais, Roger Milla. Entre les salaires impayés d'Arthur Jorge et la non-sélection de Pierre Womé, les Lions Indomptables ont en effet été soumis à quelques polémiques.
Face aux Camerounais, l'Angola fait figure d'attraction dans ce tournoi après avoir réussi à valider son billet pour la Coupe du monde en Allemagne. Les hommes de Luis Oliveira Gonçalves arrivent en Egypte avec la volonté d'acquérir un peu d'expérience en compétition international avant de s'envoler pour l'Europe en juin prochain. Dans ce contexte, les Panthères Noires ne visent pas plus loin que les quarts de final compte tenu du manque de richesse de leur effectif, qui a perdu l'un de ses cadres avec la blessure de Gilberto, remplacé par Johnson Macaba. Mais l'Angola pourrait ne pas avoir fini de surprendre cependant.
TOGO - RD CONGO (19h00)
Equipe surprise de la prochaine Coupe du monde, qualifié est terminant en tête d'un poule qui comptaient le Sénégal et la Mali, le Togo est attendu au tournant. Pas évident en effet d'assumer son nouveau statut dans un groupe où figurent le Cameroun et un autre Mondialiste, l'Angola. Pourtant, le sélectionneur Stephen Keshi se présente en Egypte sans le moindre complexe. "Le Togo vient pour jouer son football. Nous allons respecter nos adversaires mais pas les craindre", prévient.
A la tête d'une équipe très jeune, le Nigérian voit surtout dans cette CAN l'occasion de répéter ses gammes avant la Coupe du monde en Allemagne. "Nous voulons utiliser la Coup d'Afrique des Nations pour grandir et nous améliorer. Depuis que je suis arrivé, nous n'avons eu que 18 mois ensemble et ça n'est pas assez pour construire une équipe", explique Keshi. Parmi ces Togolais, le plus attendu sera sans l'ombre Emmanuel Adebayor. Passé de Monaco à Arsenal cet hiver, nominé parmi les cins candidats au Ballon d'Or européen, l'ancien Messin a gravi les marches en Afrique et devra lui aussi assumer son nouveau statut.
Face à l'ogre camerounais et aux deux Mondialistes, le Congo a peu de choses à espérer. La formation emmenée par Claude Leroy, que l'on présentait volontiers comme l'équipe surprise de la compétition, a vu s'envoler une partie de ses illusions le jour du tirage au sort. Mais les Congolais, orphelins de Shabani Nonda, opéré du genou droit en décembre, possèdent les armes pour embêter les ténors du continent africain. "La RD Congo a été l'un des pays les plus puissants dans l'histoire du football africain", rappelle d'ailleurs Keshi qui se méfient de ses "joueurs très techniques à tous les postes. Ils possèdent beaucoup de qualités".